Insectes nuisibles à la maison : pourquoi les Français font de plus en plus appel à un professionnel ?

Plus de six Français sur dix déclarent avoir subi au moins une infestation de nuisibles au cours des cinq dernières années. Ce chiffre, issu d’une étude Ipsos publiée en février 2026, illustre une tendance de fond : la fréquence des infestations a doublé en cinq ans. Face à des insectes de plus en plus résistants et à des espèces nouvelles qui s’installent durablement, les particuliers se tournent davantage vers un service professionnel de désinsectisation pour en venir à bout.

Des espèces plus nombreuses, plus résistantes, plus envahissantes

Le tableau des insectes nuisibles en France a bien changé. Les punaises de lit restent en tête des préoccupations : entre juin 2024 et juin 2025, les cas d’infestation ont bondi de 50 %, avec plus de 75 000 interventions professionnelles recensées sur les seuls six premiers mois de 2025. Le Grand Est et la région parisienne sont les zones les plus touchées. Les cafards, eux, posent un problème différent : leur résistance croissante aux insecticides classiques rend les produits vendus en grande surface de moins en moins efficaces, notamment en milieu urbain dense.

À ces espèces bien connues s’ajoutent des menaces plus récentes. La fourmi électrique, originaire d’Amérique du Sud, a été détectée pour la première fois dans le Var en 2022, puis un second foyer identifié à La Croix-Valmer en 2024. Ses piqûres sont douloureuses et son impact sur la biodiversité locale, considérable. La chenille processionnaire du pin continue quant à elle de gagner du terrain dans les zones forestières, portée par des hivers de plus en plus doux. Le changement climatique joue un rôle direct dans cette progression : des températures plus clémentes allongent la saison de reproduction de nombreux insectes et favorisent l’installation d’espèces autrefois cantonnées aux régions tropicales.

Ce que les professionnels peuvent faire que les particuliers ne peuvent pas

La résistance des insectes aux produits grand public n’est pas le seul obstacle. Depuis le 1er janvier 2024, l’utilisation de biocides professionnels est encadrée par le Certibiocide, une certification obligatoire régie par arrêté ministériel. Concrètement, cela signifie que les insecticides les plus efficaces ne sont légalement accessibles qu’aux entreprises disposant d’au moins une personne certifiée. Depuis janvier 2026, les distributeurs ont même l’obligation de vérifier la validité de ce certificat avant toute vente.

Au-delà des produits, les méthodes diffèrent radicalement. Un traitement thermique à 55-60 °C détruit insectes et œufs sans recourir à des substances chimiques. La cryogénie, utilisée dans les zones sensibles, descend jusqu’à -196 °C. Les tests antigéniques permettent de détecter une infestation de punaises de lit avec une fiabilité proche de 95 %. Ces protocoles, souvent qualifiés de gestion intégrée des nuisibles (IPM), combinent surveillance, prévention et traitements ciblés selon l’espèce et le degré d’infestation. Pour les professionnels de la restauration ou de l’hôtellerie, cette traçabilité est même une obligation légale dans le cadre des contrats HACCP.

Un coût à anticiper, rarement pris en charge par l’assurance

Le recours à un professionnel représente un budget réel. Selon l’étude Ipsos de 2026, les foyers ayant connu une infestation ont dépensé en moyenne 570 euros, toutes espèces confondues. Le traitement des punaises de lit atteint en moyenne 816 euros, celui des puces 684 euros. Des sommes qui varient selon la surface, l’espèce et l’ampleur de l’infestation, mais qui donnent une idée de l’enjeu financier.

La mauvaise nouvelle : dans la grande majorité des contrats multirisque habitation, les infestations de nuisibles ne sont pas couvertes. La responsabilité incombe au propriétaire, tenu par la loi de garantir un logement décent. Des garanties complémentaires spécifiques commencent à apparaître sur le marché, généralement en option pour quelques euros par mois, mais elles restent encore marginales. Mieux vaut donc agir tôt : plus une infestation est détectée rapidement, plus le traitement est ciblé, et moins il coûte.

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